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Revendications 2000 | ||
| Comment avons-nous procédé en 2000? | |||
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Cette plate-forme de revendications belges a été élaborée par environ une soixantaine dassociations de femmes de tous horizons - ong, services femmes des syndicats, associations dinsertion, collectifs pour femmes battues, grands mouvements féminins et féministes - francophones et néerlandophones. Nous avons organisé durant un an et demi des ateliers de réflexion sur les thèmes de la pauvreté et de la violence, en prenant pour point de départ la plate-forme de revendications internationales, que vous trouverez en fin de cahier. Nos propositions partent de différents constats posés sur les effets néfastes du mode de développement poursuivi par nos gouvernements successifs dune part, sur la persistance de discriminations économiques, sociales et politiques envers les femmes dautre part. Chaque revendication est accompagnée dune explication spécifique. Pour chaque thème, lensemble des revendications est précédé dune réflexion globale dans laquelle nous tentons de faire apparaître le lien entre la situation nationale et internationale, la façon dont la pauvreté et la violence affectent spécifiquement les femmes et se développent à leur détriment. Revendications
Nos revendications portent sur les moyens déliminer la pauvreté et denrayer la violence envers les femmes. Nous avons jugé pertinent de distinguer, parmi les propositions pour lutter contre la pauvreté des femmes, celles qui visent à combattre la pauvreté dans notre pays et celles qui visent à combattre la pauvreté des femmes dans le monde et que notre gouvernement se doit dappuyer dans le cadre de sa politique de coopération. Certes, nous reconnaissons que toutes les situations de pauvreté, au Nord comme au Sud, à lOuest comme lEst, sont liées à la présence, à léchelle mondiale, dun même système économique producteur dinégalités. Cependant, la richesse accumulée dans le Nord a permis, au prix de luttes sociales, une certaine redistribution à laquelle les travailleurs et travailleuses du Sud nont pas ou peu eu le droit. Nous ne pouvons lutter à la place des femmes du Sud pour que leurs gouvernements accèdent à leurs demandes. Nous pouvons en revanche lutter avec elles et exiger de notre gouvernement quil intervienne sur certains enjeux croisés, tels que le prélèvement dune taxe sur les flux financiers internationaux en faveur des mouvements de femmes, lannulation de la dette du Tiers-Monde et labandon des Programmes dAjustements Structurels, ou encore la reconnaissance, à un niveau international, de limportance de la souveraineté alimentaire. En ce qui concerne la violence, nos revendications sadressent principalement à nos autorités et concrétisent dans le cadre législatif belge les exigences de la plate-forme internationale. De manière générale, nous avons voulu faire apparaître, à travers nos revendications et nos constats, la difficulté généralisée que connaissent les femmes à léchelle du globe deffectuer le travail de « reproduction élargie » quelles assument généralement et dacquérir leur autonomie. Dans le domaine de la production ou de la préparation de nourriture, de léducation, de la santé mentale et physique des membres de la famille, les politiques daustérité poursuivies partout dans le monde ont considérablement entravé la capacité des femmes à y remplir des fonctions pourtant vitales. Elles ont aussi rendu plus difficile et inégale linsertion des femmes dans le monde du travail et du pouvoir politique. Par conséquent, nos revendications peuvent se lire comme autant de versions dune demande globale faite aux autorités publiques de Belgique et du monde de cesser les politiques libérales qui coupent dans les dépenses sociales (susceptibles dalléger et de faciliter le travail de « reproduction élargie » effectué par les femmes) et de réintroduire, dans le discours comme dans la pratique, le souci de la redistribution des richesses (entre classes sociales) dune part et de légalité et du partage des tâches (entre les sexes) dautre part.
Revendications pour lutter contre la pauvreté au niveau national 1.1. La politique daustérité menée en Belgique et ses effets sur les femmes Notre société est profondément inégalitaire. Dans lesprit dun grand nombre, la place, les droits et les revenus des femmes sont encore toujours considérés comme secondaires. Les femmes forment dailleurs la majorité des citoyens disposant de revenus faibles ou insuffisants. La politique de rigueur menée par le gouvernement ces dernières années visait clairement les droits des citoyennes. Au nom de lassainissement des finances publiques, les autorités politiques ont introduit des moyens dexclusion efficaces à légard des femmes, avec pour conséquence de réduire certains de leurs droits (art.80, temps partiel, etc.). Les femmes font les frais dune société patriarcale et en temps de crise, les autorités politiques ont répercuté de manière inéquitable les efforts à consentir sur le dos des femmes. Elles sont victimes de mesures les touchant non seulement sur le plan financier mais dans leur qualité dêtre humain autonome et dans leur capacité à vivre dun revenu propre. 1.2. Pauvreté relative et inégalités de sexe liées au travail Cette politique pourvoyeuse dinégalités est elle-même responsable de la précarisation dun grand nombre de femmes. De fait, dans la sphère du travail, quand elles ne sont pas tout bonnement exclues du marché de lemploi, les femmes ont le triste privilège dêtre confinées dans certains secteurs de léconomie tels que le télé-travail, lintérim ou les Call Centers où sous-statuts, temps partiels, conditions de travail précaires sont rois. Dans le domaine de la sécurité sociale, le statut de cohabitant traduit les effets discriminatoires à légard des femmes dune politique patriarcale... Une autre manifestation de cette profonde inégalité est la sous-représentation récurrente des femmes dans différents lieux de pouvoir, que ce soit dans la sphère économique, sociale ou politique... 1.3. Lurgence de mesures pour lutter contre la pauvreté des femmes Pour éradiquer la pauvreté et les mécanismes de précarisation des femmes, il faut donc lutter contre les diverses mesures qui confisquent aux femmes une partie de leurs revenus (travail à temps partiel) et de leurs droits en sécurité sociale (statut de cohabitant, pensions,... ) ou les empêchent de sinvestir dans les sphères sociales et professionnelles (fermeture des services collectifs, suppression de laccueil extra-scolaire,...). De même, des changements culturels radicaux sont indispensables pour que les femmes puissent bénéficier, autant que les hommes, des mêmes conditions de vie, des mêmes droits et des mêmes revenus. Car la législation actuelle en vigueur est le « fruit » dune conception culturelle du rôle et de la place de la femme dans la société. Il est urgent que toute politique fasse l'objet d'analyse prenant en compte l'indicateur « genre ». Un vrai changement ne peut venir que de lengagement des hommes et des femmes dans toutes les sphères de la vie, dans tous les secteurs de la société. Nous estimons que les femmes soucieuses des autres femmes ont également intérêt à investir les lieux de prise de décision car dans le monde actuel, seules des instances publiques sont susceptibles doffrir une amélioration collective de la situation des femmes. Les instances privées ne peuvent offrir que des accès individuels à lamélioration du statut de la femme (à travers une bonne carrière par exemple). Pour lutter contre la pauvreté qui touche les femmes, une véritable société paritaire doit être construite, afin que les femmes puissent participer, autant que les hommes, aux différents lieux de pouvoir et champs dactivités de la vie : sphère sociale, économique, culturelle, politique, etc. La construction dune démocratie paritaire est une condition sine qua non à lobtention de légalité des sexes. Une participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision permettra de mieux prendre en considération les intérêts de toutes et tous dans la société et aura le mérite dutiliser toutes les ressources et compétences existantes dans lhumanité, dengendrer des idées nouvelles, des valeurs et des comportements différents, allant dans le sens dun monde plus juste et plus équilibré tant pour les femmes que pour les hommes. Cela nécessite aussi d'entendre la parole des femmes exclues qui sont les premières concernées. Nous marcherons contre la pauvreté à un niveau national a) Des droits individuels en matière de sécurité sociale :
b) Des droits individuels dans les matières sociales et civiles :
Nous marcherons contre la pauvreté à un niveau national pour a .Le droit au travail
b. Le droit à un statut correct et égal entre hommes et femmes
c. La réduction collective du temps de travail Si l'emploi reste un des piliers essentiels de l'intégration sociale, il doit pouvoir s'insérer harmonieusement dans la vie sans en écraser toutes les autres dimensions. Or, aujourd'hui, nous avons d'un côté des femmes que la surcharge de travail empêche de vivre convenablement, de l'autre, des femmes au chômage ou sans revenus. A la question fondamentale du droit à l'emploi et à l'accès à un revenu correct pour tous s'ajoute donc l'indispensable accès à une vie de qualité pour tous. Nous pensons que la réduction du temps de travail peut y contribuer.
Nous marcherons contre la pauvreté à un niveau national pour garantir le droit à la subsistance pour les femmes divorcées Nous refusons que 60 % des minimexés soient des femmes seules avec enfants à charge, tout simplement parce que leur droit de recevoir une pension alimentaire n'est pas respecté. Plutôt que rendre les femmes dépendantes des CPAS, nous rappelons la nécessité de créer un fonds de créances alimentaires au sein du Ministère de la Justice. Ce fonds serait chargé de percevoir et de verser toutes les créances alimentaires. Il éviterait aux particuliers le coût des procédures pour tenter d'obtenir ce qui leur est dû. Cela ne demande pas de gros investissements financiers. Plutôt que de favoriser l'assistance lorsque la pauvreté s'est installée, il s'agit de garantir un droit et dinstaurer un mécanisme de versement automatique qui prévient cette situation.
Garantir le partage des tâches entre hommes et femmes Permettre la conciliation entre la vie professionnelle, la vie familiale et la vie sociale et favoriser l'égalité dans le partage des tâches exige des droits, des revenus mais aussi des services adaptés aux besoins des familles, accessibles financièrement, suffisants pour répondre à la demande.
Assurer la redistribution des richesses en faveur de léconomie sociale L'avenir de nos sociétés appelle de toute urgence le développement d'une économie solidaire, créatrice de liens sociaux, de solidarités concrètes et d'emplois qualifiés. Si ce développement demande des moyens financiers nouveaux, cela exige surtout une redistribution des richesses produites par la spéculation financière afin que les revenus du travail ne soient plus quasi les seuls à contribuer au financement des politiques sociales.
II. Revendications pour lutter contre la pauvreté au niveau international 2.1. Les inégalités entre pays et régions du monde La pauvreté dans le monde est toujours croissante, plus de 80 pays ont un revenu par tête d'habitant inférieur à ce qu'il était il y a 10 ans. La brèche entre les pays riches et les pays pauvres augmente, l'écart de revenu par habitant entre le pays le plus pauvre (la Sierra Leone) et le pays le plus riche (le Canada) est aujourdhui de 1 à 55. Mais nous sommes conscientes quune différence de revenu par habitant ne suffit pas à illustrer les inégalités entre pays.
2.2. Les inégalités entre les sexes aussi sont mondiales Les inégalités entre pays se doublent dinégalités entre les sexes. Généralement parlant, les filles accèdent plus difficilement à l'enseignement et leur situation n'est guère plus souriante sur le marché du travail. Elles sont mises au travail dans les emplois les moins bien payés et reçoivent souvent un salaire inférieur à celui des hommes lorsqu'elles arrivent à décrocher un travail de même niveau. Lorsque l'emploi formel décroît, ce sont les femmes qui sont licenciées les premières. Dans certains pays, elles n'ont même pas le droit de travailler à l'extérieur. On retrouve les femmes dans les secteurs professionnels les moins bien payés et qui leur sont traditionnellement attribués (l'éducation, l'enseignement, la santé, les soins aux personnes ...)
Par ailleurs, les charges familiales qui reposent en général sur leurs épaules réduisent leur mobilité et leurs chances de trouver du travail rémunéré. Les femmes sont aussi créatrices de nouvelles formes de revenus capables d'associer vie familiale et emploi, dans lagriculture par exemple. Mais dans le secteur rural, les droits de propriété et d'héritage sont défavorables aux femmes. Elles n'ont pas souvent le droit de posséder des terres à leur nom, ce qui les empêche d'avoir accès aux crédits. Et même lorsque leurs droits sont établis par la loi, les femmes ne les connaissent souvent même pas. L'agriculture, à la source de toute nourriture humaine, est un secteur indispensable de l'économie mais il est actuellement de plus en plus mise à sac par le capitalisme, mettant aussi en danger la survie et la santé des populations. La santé est un domaine particulièrement sensible pour les femmes. Une des conséquences du remboursement de la dette et des ajustements structurels a été la diminution des budgets de la santé et la tendance à la privatiser. Cela a provoqué une recrudescence de maladies que l'on croyait presque éradiquées (comme la tuberculose et la malaria) et dans certains pays, une augmentation du taux de mortalité maternelle et infantile. 2.3. Les mesures urgentes à prendre pour lutter contre la pauvreté des femmes dans le monde Pour éradiquer la pauvreté, nous ne devons pas nous limiter à des interventions cosmétiques mais nous devons nous attaquer aux racines mêmes de celle-ci. Parmi les causes, citons l'énorme endettement des pays du tiers monde et les programmes d'ajustement structurel qui leur sont imposés, le circuit monétaire et les spéculations financières qu'ils engendrent, le commerce mondial inéquitable... Pour combattre efficacement la pauvreté, des mesures économiques et sociales sont indispensables et il est de la plus haute importance qu'elles soient prises en étroite concertation avec les populations concernées qui sont les meilleurs juges de leur propre situation. Une analyse de genre permettra une recherche des causes et des conséquences de la pauvreté qui ne sont pas nécessairement identiques pour les hommes et pour les femmes. Les éventuelles solutions au problème de la pauvreté doivent viser à rééquilibrer les rapports entre les hommes et les femmes. Les femmes doivent obtenir une représentation paritaire dans tous les organes de décision y compris l'attribution de fonds, ici et ailleurs. Or trop souvent, les femmes n'ont pas voix au chapitre dans la prise de décisions, pas plus au sein de la communauté que dans les arènes nationales et internationales. Dans son rapport sur la pauvreté, le PNUD constate que l'égalité entre les sexes est une condition au renforcement du pouvoir des femmes et à la lutte contre la pauvreté.
En résumé, nous constatons que
Nous voulons donc dénoncer l'hiatus qui existe entre les interventions affichées par les différents gouvernements et organisations internationales -et en particulier, le fonctionnement antidémocratique de l' OMC- et leur volonté réelle de les faire aboutir. Contrairement à leur rhétorique, nous ne pouvons que constater une augmentation de la pauvreté et surtout celle des femmes et des enfants partout dans le monde. Nous marcherons contre la pauvreté à un niveau international pour une taxation de la spéculation financière en faveur des femmes : A ce jour, plusieurs propositions ont été formulées pour assurer la mise en place d'une taxe sur la spéculation monétaire internationale (Tobin, Spahn, encaje...). Cette taxe s'avère tout à fait indispensable. Les opérations de spéculation- et les gigantesques bénéfices qu'elles engendrent- sont immorales et ne sont freinées ou découragées par aucune législation. Le minimun est l'instauration de contrôles car ces énormes flux de capitaux de la spéculation déstabilisent les pays et peuvent provoquer des crises économiques dont les victimes sont les citoyens ordinaires et souvent, en premier lieu les femmes. Lorsqu'une récession économique s'amorce, ce sont les femmes qui sont les premières exclues du circuit de travail formel et, lorsque les prix grimpent, elles ont de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de leur famille.
l'annulation de la dette du Tiers-Monde et la suppression des Programmes d'Ajustement Structurels (PAS) Depuis des années, les ONG ont dénoncé les effets néfastes de la dette sur les pays en développement : les systèmes d' allègement de la dette ne vont pas assez loin. L'exemple de l'Ouganda, qui a bénéficié d'un allègement de dette, montre que le stock total de sa dette n'a en fait été allégé que de 10%. Les accords d'échange actuels augmentent le pouvoir du secteur privé et diminuent le pouvoir des gouvernements de diriger leur propre économie et de définir leur propre programme de développement. La Banque Mondiale (BM) et le Fonds monétaire International (FMI) accordent des renouvellements de crédits aux Etats mais sous conditions : ce sont les plans d'ajustement structurel (PAS). Ces conditions sont draconniennes et obligent les Etats à démanteler complètement les infrastructures sociales de base, réduisant de façon catastrophique les budgets de santé et d'éducation qui affectent davantage les femmes. Les programmes d'ajustement structurel sont inéquitables, ils échouent, entr'autre à prendre en compte les inégalités de pouvoir entre sexes et la subordination des femmes dans l'économie et la société.
Les femmes seront représentées paritairement dans tous les conseils affectés à la gestion transparente, au contrôle de ces fonds de développement.
reconnaître limportance de la souveraineté alimentaire et la contribution des femmes dans la production alimentaire La souveraineté alimentaire est la maîtrise dont dispose une population pour garantir l'existence des conditions de sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire consiste en la capacité de pouvoir disposer durablement, par la production ou l'acquisition, d'une nourriture suffisante en qualité et en quantité, sans mettre en danger les autres besoins élémentaires. Les femmes de par le monde sont plus nombreuses dans la production de nourriture, or on constate que la situation nutritionnelle de celles-ci est inférieure à celle des hommes et que son accès à la terre est limité.
La marche mondiale des femmes exige que :
Les projets de brevetages du vivant, en particulier dans les domaines de l'agriculture, risquent de transférer aux transnationales que personne n'a élues, des pouvoirs exorbitants qui menacent entre-autres la démocratie elle-même.
II. Revendications pour lutter contre la violence faite aux femmes dans le cadre législatif belge 3.1. Pauvreté et violence : deux phénomènes liés Pauvreté et violence sont deux phénomènes intimement liés. La pauvreté ne doit en effet pas être considérée comme un phénomène isolé, ancestral, un état dont les populations héritent de parents imprudents ou malchanceux mais bien comme le résultat de la violence du système économique qui se soucie davantage daccumulation des profits que de redistribution de la richesse. La violence ressort également des inégalités qui font que le pouvoir est concentré dans les mains de quelques uns, leur donnant un accès privilégié à toutes les décisions Par ailleurs, la pauvreté considérée sous sa forme économique (revenus faibles ou inexistants), sociale (rapports sociaux insatisfaisants) et culturelle (absence déducation) est elle-même source de violence. 3.2. Violence du capitalisme et violence du patriarcat Il paraît en effet logique que les victimes de la violence dun système économique en produisent eux-mêmes, dans lespace « privé » par exemple (maison, relations familiales...), à légard de leurs partenaires sexuelles. Une entreprise située dans une zone franche est rarement « citoyenne »: elle recherche de la main-doeuvre bon marché, essaie déchapper aux impôts, pille les ressources naturelles, encouragée par une protection sociale et une législation environnementale la moins stricte possible (utilisation dinsecticides interdits, de procédés de production nocifs...). Le marché global signifie en effet un libre accès à toutes les ressources naturelles, la marchandisation des cultures et des biens locaux. Cest en assimilant le savoir des populations locales et leurs ressources à la « nature », donc gratuite, que de nombreuses entreprises sarrogent le droit de piller les richesses, au nord comme au sud. Il semble toutefois que, comme à ces débuts au XVIème siècle, cest principalement à la périphérie, cest-à-dire au Sud, que le pillage soit le plus intense. Ce comportement criminel de la part des entreprises qui affecte hommes et femmes est rarement sanctionné. Or cette violence « publique » affecte la sécurité et lautonomie des individus, qui se trouvent dès lors plus exposés à la violence « privée ». Le viol ou le crime sexuel est une de ces formes de violence, destinée à affirmer la domination de lhomme sur la femme: volonté daffirmer un pouvoir, jalousie possessive, exigences concernant les « devoirs » de la femme envers un homme, affirmation dune position hiérarchique justifiant une « correction », tout cela étant lié à limage ou à un modèle de masculinité. Nous marcherons contre la violence faite aux femmes pour la reconnaissance du problème de la violence faite aux femmes comme une priorité politique Les femmes et les petites filles, parce qu'elles appartiennent au sexe féminin, sont partout dans le monde victimes de violences perpétrées au sein de la famille et de la collectivité et cela quel que soit leur revenu, leur classe sociale et leur culture. La violence à l'égard des femmes est l'expression des rapports de force historiques qui ont abouti à la domination des femmes par les hommes. Elle découle de comportements culturels qui perpétuent le statut inférieur réservé aux femmes dans toutes les sociétés. La violence envers les femmes se manifeste à travers la violence psychologique, physique et/ou sexuelle exercées sur les femmes majeures ou mineures :
Pour relever le défi que constitue l'élimination de toute violence à l'égard des femmes au sein de la famille, de la communauté et de l'Etat, il est nécessaire et possible de mettre au point une approche globale, multidisciplinaire soutenue par les pouvoirs publics.
Afin datteindre cet objectif, les pouvoirs publics doivent :
lorganisation de campagnes de prévention et la garantie de laide aux victimes Le principe de l'égalité et du partenariat entre hommes et femmes et le respect de la dignité humaine doivent prévaloir dans tous les aspects de la vie en société et nécessitent des profonds changements de mentalité. Ceux-ci passent par l'éducation mais aussi par la mise en place de campagnes d'information et de sensibilisation du public qui ont déjà prouvé leur efficacité mais qui pour le rester doivent être régulièrement renouvelées. Il est également nécessaire d'informer les victimes de violences de leurs droits et de l'aide dont elles peuvent disposer ainsi que de sensibiliser et de former les différents intervenants (forces de l'ordre, assistants sociaux, médecins, avocats, magistrats, fonctionnaires, enseignants ... ) Les pouvoirs publics doivent
Nous plaidons également pour que le gouvernement
une justice effective et cohérente Il existe déjà de nombreuses lois sur la protection des victimes et pour la punition du coupable. Cependant, dans la pratique, elles sont insuffisamment appliquées. La mise en oeuvre de ses droits par la victime est souvent freinée par un manque de protection et par des procédures trop longues et coûteuses. L' administration cohérente et effective de la justice pénale démontrerait que l'Etat réprouve la violence envers les femmes et que celle-ci est punissable. Les pouvoirs publics doivent contribuer à construire:
le maintien et le développement des services de secours et d'aide Actuellement et par manque de financement, il n'existe pas de services spécifiques de secours et d'aide urgente aux femmes victimes de violences, les centres et maisons d'accueil existants sont submergés par les demandes, il n'existe que très peu de lieux de traitement des agresseurs. De plus l'expertise des mouvement de femmes qui travaillent sur le terrain de l'aide aux victimes et de la prévention des violences depuis de nombreuses années n'est pas reconnue à sa juste valeur. Nous exigeons des pouvoirs publics :
l'application effective des principes établis par les traités d'internationaux des Droits de l'Homme et le respect des droits des femmes La déclaration universelle des droits de l'Homme proclame les principes d'égalité et de non-discrimination mais ne semblent pas s'appliquer aux femmes qui partout sont encore victimes de violences pour des motifs sociaux, culturels, religieux. : -discriminations liées à l'appartenance sexuelle -discriminations dûes à l'orientation sexuelle -mutilations sexuelles -mariages forcés -trafic des filles et des femmes à des fins d'exploitation sexuelle De telles pratiques sont courantes en Belgique C'est pourquoi les pouvoirs publics doivent :
les violences faites aux femmes dans la guerre Les violences spécifiques faites aux femmes en temps de guerre font le plus souvent partie d'une stratégie militaire. Tant les gouvernements que des groupes d'opposition armée utilisent le viol et d'autre formes de violences comme arme d'intimidation ,contrainte, épuration ethnique. Toute intervention internationale dans les guerres et autres conflits armés doit tenir compte des conséquences particulières de ceux-ci pour les femmes. Les pouvoirs publics doivent :
accroître notre connaissance sur le phénomène de la violence envers les femmes afin de mieux la combattre Depuis la moitié des années '80, de nombreuses études scientifiques ont été menées les pouvoirs publics sur la problématique des violences faites aux femmes mais qui avaient déjà été établies par les mouvements féministes des années '70. A travers une véritable politique de recherche sur les violences faites aux femmes les pouvoirs publics doivent donc :
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